Giséle Pineau, l'exil selon Julia
Sur fond de créolité, Gisèle Pineau narre son enfance partagée entre la France et les Antilles. Nourrie de ces deux cultures, elle y définit son identité. Gisèle Pineau est issue de cette génération d’écrivaines antillaises, que l’on nomme « la créolité ». Elle porte un regard critique sur cette société occidentale qui nie et se confine dans ses stéréotypes. « Bamboula », « charbon &cie » « blanche neige », appellations courantes pour un noir dans les années soixante. La culture « créole », née de la souffrance et de la joie, du néant et de l’infini, partagée entre la France et l’Afrique, engluée dans ses paradoxes, reste encore à définir. La syntaxe inhabituelle fait la force de ce récit, non-conformiste, mélange de terme créole et français, impregné d’acculturation, ce livre nous transporte dans deux monde, la France et les Antilles. Le créole si longtemps condamné, se réveille et s’exprime à travers cet ouvrage, contribuant à l’enrichissement de la prose créole. L’héritage africain est encore présent et se révèle encore dans notre tradition oralisée.
Dans le regard d’un «1 ti-moun », Gisèle nous transporte dans son enfance, imprégnée de racisme, de joie, de l’exil, de la recherche d’identité…. Man Ya, personnage atypique ramène la Guadeloupe en France. Femme fidèle à ses principes, croyante, tenace, courageuse, elle incarne la femme antillaise d’antan. Délivrant cette petite de la froidure quotidienne, elle vient nourrir sa soif de culture et égayer ce monde de froidure..
Très facile à lire, je vous invite à découvrir ce « conte », dans lequel la tradition orale est fortement présente .. Douce ballade mêlée de créole, elle participe à la musicalité et intensifie les images.
Si comme moi vous êtes antillaise, ce livre vous permettra de redécouvrir des sensations, des goûts des couleurs, des images, mais si au contraire vous êtes issue d’une autre culture, il vous permettra de découvrir mon monde ( qui je vous le concède est loin d’être un modèle de perfection). Sans être chauvine, je suis fière de mon identité, de ma culture, je vous invite à la découvrir, prenez le temps d’apprécier. Comment définir cette envie de donner ? Partage, oui, partage…faites moi partager votre monde comme je tente de vous faire partager le mien.
1. enfant
Joséphine baker, les années 20, les années folles
Année 20, année folle, on pouvait tout se permettre, tout faire, se dénuder, tout montrer, dans ce monde de Dada, de Cubiste, de Surréaliste, tu t’es entièrement exhibée, tu as su tout donner……..Tu incarnes la Décadence, pure dans tout ses excès. Certains te diraient « Mais comment avez-vous osé ? Entièrement nue, à danser comme une sauvage. Quelle honte cette négrillone ! » Mais toi, avec ta verve infatigable, tu aurais vite fait de leur répondre « Mon cher monsieur, si vous ne supportez pas la vue de mon popotin, fermez vos yeux, mon arrière-train ne s’en portera que trop bien ! » .
Tu es folle, folle, folle, dans ces années folles. Folie ou génie, qui sait ? Tu incarnes la joie, le bonheur, la folie. C’est ce que l’on aime en toi.
Après tant d’années à te priver tu croques la vie, tu la dévores, tu la consumes. Sensuelle, exubérante, pleine de vie, capricieuse, excessive, généreuse, pleine de contraste, tu incarnes la vie. Grâce à ton charisme et ta personnalité pétulante, tu as su t’imposer dans le monde de la danse et de la musique. Le charleston que tu dansais avec vie, génie, folie, envie, exaltait ton animalité. Naturelle, impulsive, bestiale, tu es et tu restera toujours authentique.
Première femme noire reconnue en France, tu t’es imposée, malgré le racisme latent. Il est vrai que ce n’est pas l’Amérique ou tu étais enfermée comme une bête dans ton ghetto, séparée du blanc, tu ne pouvais pas le côtoyer, séparée du blanc, qui t’empêchait d’avancer. Ici, en France, même si certains ne t’ont considéré que comme une « sale négresse », tu t’es libérée. Ici, tu as eu l’occasion de respirer, de vivre de t’épanouir.
Mais pourquoi ces bananes autour de la taille ? Mais pourquoi vouloir t’éclaircir la peau avec du citron ? Mais pourquoi persistes tu a vouloir incarner la « sauvagerie », comme ils le disent si bien ? Tu t’es fait connaître grâce à cette ceinture. Banane, exotisme, bananier, nègre, banania, bon petit nègre, toi savoir danser, toi être singe… oui ! C’est ça ! SINGE, ils ne te voient que comme ça, une attraction venue de l’autre bout de l’océan. Remuer tes fesses, divertir, à leur yeux tu n’es qu’une attraction. Certains diront : « Que c’est formidable la manière dont dansent ces nègres ! Ils sont fait pour ça ! » ….Bien que j’aimes ce que tu es, tu as contribué au fantasme de l’époque colonialiste selon lequel le « nègre » n’étais qu’un divertissement, on te payait pour que tu divertisses, mais t’aimait t’on vraiment ? En t’affichant dans ces lieux huppés de la bourgeoisie française, tu croyais t’affranchir de la misère, du manque d’éducation, du ghetto. Tout est faux. Ce que tu es, est ta force, noire, pauvre, courageuse, tout cela a fait de toi ce que tu es vraiment. N’as-tu pas compris que tu leur vendais un stéréotype, «l’exotisme », ce bon petit nègre venu d’ailleurs. Que croyais tu ? Que ton fond de teint blanchâtre, te rendrait plus belle. Mais ne sais tu pas que c’est ce noir qui te rend belle. Noir ébène, tu es l’écorce de la vie.
Mais comment te blâmer, toi, Freda MC Donald, ou plutôt Joséphine Baker, née dans une Amérique profondément raciste, ta couleur était source de honte. J’ai beau me plaindre mais contrairement à toi, je suis née dans un pays où toutes les couleurs peuvent se mélanger, se côtoyer, s’assembler. Le beur, le blanc, le rouge, sans barrière, ni frontière. N’ayant pas vécue la ségrégation, je ne saurai jamais comment tu l’as vécu. Ton seul moyen de réussite était sûrement celui-ci. D’ailleurs je te félicite, tu as su sortir de la misère.
Malgré tous ces reproches, je te respecte. Résistante sur le front de la guerre, tu t’es engagée pour la France. Cette France, dont une partie, comme ce chère vendu de Monsieur Petin, envoyait sans aucun remord des juifs, des tziganes, des résistants, des noirs, dans les camps de la mort. Tu t’es non seulement battue contre l’anti-sémitisme, mais tu t’es vigoureusement battue en faveur des droits civiques pour les noirs. Engagée, tu as su te révolter. Femme de combat et femme de cœur, tu as tout donner, y compris pour ta « tribu arc en ciel ». Onze enfants venus de divers continents, noirs, blancs, jaunes, rouges, tu les as aimés pour ce qu’il y avait dans leur cœur et non pas pour ce que reflétait leur couleur.
Toi Joséphine, tu es et tu restera un phénomène, inexistante dans les livres d’histoires tu n’es qu’une de ces noires toujours oubliée.
A consulter :
Sa bigraphie La Folie Joséphine Baker de Ean Wood.
Et le site : http://www.grioo.com/info78.html
http://www.grioo.com/info78.html
Message de bienvenu, pourquoi ce blog?
Ce blog est essentiellement culturel. L'identité noire y sera profondément abordée, certains diront que c'est du communitarisme. C’est bien mal me connaître que de penser cela, grâce à ce nouveau moyen d’expression , je retrouve mon identité. Longtemps occultée, les dites minorités se sont senties bafouées. « liberté, égalité, fraternité », cela fait bien rêver.
Quelque soit votre appartenance ethnique, votre religion ou votre statut social, vous êtes invité à partager vos idées. Dans le plus pur respect de chacun, j’y aborderai différents thèmes, l’esclavage, la discrimination, la colonisation, la religion, les femmes, les grands personnages, etc.....
Dans une ère de révolution, les communautés se réveillent. Comme beaucoup, il y a un problème, une insatisfaction latente grandissait en moi. Un beau matin, je me suis éveillée, ou plûtot réveillée dans cette société troublée, agitée, désordonnée. Le problème noir semble être un fait d’actualité. En pleine émergence il suscite un grand débat. Pourquoi ? Serait ce grâce, ou à cause de l'intervention controversée de Dieudonné? Le ras-le bol général des minorités qui ne sont pas représentées? Une révolte latente qui demandait depuis longtemps à exploser? Tout ces éléments sont sûrement combinés.
J’espère que la visite de ce blog, vous aidera à comprendre mon cheminement. Toutes suggestions, commentaires, ou idées de sujets seront les bienvenues. Exprimez vous .. mais dans le plus pur respect de chacun.
L'île de gorée
L’île de Gorée un symbole fort de l’histoire de l’esclavage, en effet, c’est dans lieu de torture que bon nombre d’esclaves ont séjourné. Vite déracinés, un voyage sans retour leur était proposé, de manière plus exact, IMPOSÉ. Les Etats-unis, le Brésil ou encore les Antilles, des destinations de rêves, mais par pour ces esclaves. Non loin d’être des vacances, leur sejour était un enfer.
La maison des esclaves représente un lieu symbolique de la traite négrière, c’est en effet la dernière esclaverie existante à Gorée. Elle fut construite en 1776 par les Hollandais et a été instituée patrimoine mondial par l’UNESCO. Durant trois siècles, ce lieu fut la plaque tournante de la traite négrière. Le nombre d’esclaves qui ont transité dans ce lieu est estimé à 3 millions, mais ce chiffre est sans doute bien loin de la réalité, car beaucoup mourraient ou se faisaient abattre.
Traités comme des bétails, ces esclaves étaient tâtés, pesés, numérotés, comme des bêtes ils vivaient et mourraient.
Nègre sans âme, nègre sans coeur, même le porc était mieux traité. Jeté à la mer, malade, tu ne valait rien. Quelle était l’utilité de garder des êtres sans valeur, en plus de devoir les entretenir, ils n’allaient tout de même pas les soigner, ces nègres. Hop ! à la mer et les voilà débarrassés de ces inutiles. Aux yeux des esclavagistes, ces noirs, excusez moi , plûtot ces nègres car noirs n'était pas un mot d'usage, n’étaient considérés que comme du bétail. Un homme noir, n’était qu’une marchandise, bonne à procréer et à travailler, pourquoi lui donner de l’affection et du respect, pourquoi ? Mais selon le principe de l’époque il était impensable qu’un esclave ait un coeur, une âme, et puisse ne serait ce que ressentir des émotions au même titre que l’ignoble esclavagiste blanc.
Je suis antillaise, créole, métissée. Mais qui suis-je ? Je ne le sais pas. D’où viennent mes ancêtres? Je le sais encore moins. Peut être que mon arrière-arrière-arrière grand père est passé par là. Je ne le saurai jamais. Je me fabrique mon histoire à défaut de ne jamais vraiment pouvoir la savoir.
La traite négrière est un mépris des hommes et de l’humanité.
Je vous conseille vivement de consulter ce site, où vous aurez l’occasion de découvrir la maison des esclaves.








