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Année 20, année folle, on pouvait tout se permettre, tout faire, se dénuder, tout montrer, dans ce monde de Dada, de Cubiste, de Surréaliste, tu t’es entièrement exhibée, tu as su tout donner……..Tu incarnes la Décadence, pure dans tout ses excès. Certains te diraient « Mais comment avez-vous  osé ? Entièrement nue, à danser comme une sauvage. Quelle honte cette négrillone ! » Mais toi, avec ta verve infatigable, tu aurais vite fait de leur répondre « Mon cher monsieur, si vous ne supportez pas la vue de mon popotin, fermez vos yeux, mon arrière-train ne s’en portera que trop bien ! » .

Tu es folle, folle, folle, dans ces années folles. Folie ou génie, qui sait ? Tu incarnes la joie, le bonheur, la folie. C’est ce que l’on aime en toi.

Après tant d’années à te priver tu croques la vie, tu la dévores, tu la consumes. Sensuelle, exubérante, pleine de vie, capricieuse, excessive, généreuse, pleine de contraste, tu incarnes la vie. Grâce à ton charisme et ta personnalité pétulante, tu as su t’imposer dans le monde de la danse et de la musique. Le charleston que tu dansais avec vie, génie, folie, envie, exaltait ton animalité. Naturelle, impulsive, bestiale, tu es et tu restera toujours authentique.

Première femme noire reconnue en France, tu t’es imposée, malgré le racisme latent. Il est vrai que ce n’est pas l’Amérique ou tu étais enfermée comme une bête dans ton ghetto, séparée du blanc, tu ne pouvais pas le côtoyer, séparée du blanc, qui t’empêchait d’avancer. Ici, en France, même si certains ne t’ont considéré que comme une « sale négresse », tu t’es libérée. Ici, tu as eu l’occasion de respirer, de vivre de t’épanouir.

Mais pourquoi ces bananes autour de la taille ? Mais pourquoi vouloir t’éclaircir la peau avec du citron ? Mais pourquoi persistes tu a vouloir incarner la « sauvagerie », comme ils le disent si bien ? Tu t’es fait connaître grâce à cette ceinture. Banane, exotisme, bananier, nègre, banania, bon petit nègre, toi savoir danser, toi être singe… oui ! C’est ça ! SINGE, ils ne te voient que comme ça, une attraction venue de l’autre bout de l’océan. Remuer tes fesses, divertir, à leur yeux tu n’es qu’une attraction. Certains diront : « Que c’est formidable la manière dont dansent ces nègres ! Ils sont fait pour ça ! » ….Bien que j’aimes ce que tu es, tu as contribué au fantasme de l’époque colonialiste selon lequel le « nègre » n’étais qu’un divertissement, on te payait pour que tu divertisses, mais t’aimait t’on vraiment ? En t’affichant dans ces lieux huppés de la bourgeoisie française, tu croyais t’affranchir de la misère, du manque d’éducation, du ghetto. Tout est faux. Ce que tu es, est ta force, noire, pauvre, courageuse, tout cela a fait de toi ce que tu es vraiment. N’as-tu pas compris que tu leur vendais un stéréotype, «l’exotisme », ce bon petit nègre venu d’ailleurs. Que croyais tu ? Que ton fond de teint blanchâtre, te rendrait plus belle. Mais ne sais tu pas que c’est ce noir qui te rend belle. Noir ébène, tu es l’écorce de la vie.

Mais comment te blâmer, toi, Freda MC Donald, ou plutôt Joséphine Baker, née dans une Amérique profondément raciste, ta couleur était source de honte. J’ai beau me plaindre mais contrairement à toi, je suis née dans un pays où toutes les couleurs peuvent se mélanger, se côtoyer, s’assembler. Le beur, le blanc, le rouge, sans barrière, ni frontière. N’ayant pas vécue la ségrégation, je ne saurai jamais comment tu l’as vécu. Ton seul moyen de réussite était sûrement celui-ci. D’ailleurs je te félicite, tu as su sortir de la misère.

Malgré tous ces reproches, je te respecte. Résistante sur le front de la guerre, tu t’es engagée pour la France. Cette France, dont une partie, comme ce chère vendu de Monsieur Petin, envoyait sans aucun remord des juifs, des tziganes, des résistants, des noirs, dans les camps de la mort. Tu t’es non seulement battue contre l’anti-sémitisme, mais tu t’es vigoureusement battue en faveur des droits civiques pour les noirs. Engagée, tu as su te révolter. Femme de combat et femme de cœur, tu as tout donner, y compris pour ta « tribu arc en ciel ». Onze enfants venus de divers continents, noirs, blancs, jaunes, rouges,   tu les as aimés pour ce qu’il y avait dans leur cœur et non pas pour ce que reflétait leur couleur.

Toi Joséphine, tu es et tu restera un phénomène, inexistante dans les livres d’histoires tu n’es qu’une de ces noires toujours oubliée.

A consulter :                                                                                                

Sa bigraphie La Folie Joséphine Baker de Ean Wood.

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Et le site : http://www.grioo.com/info78.html

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